SALON DU MAGHREB - le 8 mai 1945
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le 8 mai 1945

 
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 MessagePosté le: Sam 8 Mai - 17:26 (2010)    Sujet du message: le 8 mai 1945 Répondre en citant

 
 
 
Le 8 mai 1945, le jour même de la victoire alliée sur le nazisme, de violentes émeutes éclatent à Sétif, en Algérie. 
 
Origines du drame 
 
Dans les départements français d'Algérie, certains musulmans espèrent que sera mis en application le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Parmi eux Messali Hadj, chef du PPA (Parti Populaire Algérien), interdit depuis 1939. 
Messali Hadj ayant été jeté en prison, 20.000 de ses partisans défilent le 1er mai 1945 à Alger en sa faveur. Le matin du 8 mai, une nouvelle manifestation survient à Sétif aux cris de «Istiqlal , libérez Messali». 
 
Les militants du PPA ont reçu la consigne de ne pas porter d'armes ni d'arborer le drapeau algérien mais un scout musulman n'en tient pas compte et brandit drapeau au coeur des quartiers européens. 
 
La police se précipite. Le maire socialiste de la ville, un Européen, la supplie de ne pas tirer. Il est abattu de même que le scout. La foule, évaluée à 8.000 personnes se déchaîne et 27 Européens sont assassinés dans d'atroces conditions. L'insurrection s'étend à des villes voisines, faisant en quelques jours 103 morts dans la population européenne. 
 
La répression est d'une extrême brutalité. L'aviation elle-même est requise pour bombarder les zones insurgées. Après la bataille, les tribunaux ordonnent 28 exécutions et une soixantaine de longues incarcérations (*). Officiellement, les autorités françaises estiment que le drame aura fait 102 morts chez les Européens et 1.500 chez les musulmans. Les autorités algériennes parlent aujourd'hui de 45.000. Les historiens spécialistes évoquent quant à eux 8.000 à 20.000 morts. 
 
Une opinion indifférente 
 
Le drame passe inaperçu de l'opinion métropolitaine qui a la tête ailleurs du fait de la capitulation de l'Allemagne, le même jour. Le quotidien communiste L'Humanité assure que les émeutiers seraient des sympathisants nazis ! 
Les émeutes de Sétif consacrent la rupture définitive entre les musulmans et les colons d'Algérie et annoncent la guerre d'indépendance. 
 
 
 
 
 
 


 
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 MessagePosté le: Sam 8 Mai - 17:26 (2010)    Sujet du message: Publicité

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 MessagePosté le: Sam 8 Mai - 17:29 (2010)    Sujet du message: le 8 mai 1945 Répondre en citant

8 Mai 1945
 

 Je me souviens que c’était le nom d’une rue à côté de la gare de l’Est, à Paris. C’est aussi le nom de plusieurs places avec plaques commémoratives chez nous là-bas. Mais les Français ne savent pas que cela n’a rien à voir avec leur « 8 mai 1945 ». Lorsque j'ai lu la plaque j’ai revécu cette émotion qui accompagne chaque évocation de cette date. Et ma mémoire fredonne ce chant très triste, bouleversant qui raconte les morts à Sétif, Guelma et en fait dans toute l’Algérie. Mais c’est l’Est algérien qui a été le plus touché et a payé un lourd tribut.

Les yeux versent des larmes
Comment arrêter les larmes
Alors que la patrie a perdu ses enfants
A Guelma, mes frères, l’aviation
N’a épargné ni femmes, ni fillettes
Je suis en deuil pour les Sétifiens
Qui sont morts par amour de la liberté


Cela s’est passé un 8 mai 1945 non pas en France, le jour où les Français fêtaient la fin de la guerre et l’armistice, mais dans des villes algériennes, des villages algériens. 45000 morts, un chiffre qui fait peur même divisé par trois par l’administration coloniale. Mes parents en parlaient et des témoins encore vivants témoignent chaque 8 mai.

Et tous s’accordent sur une version, la promesse donnée aux Algériens qui ont combattu les nazis pour libérer la France : «Aidez-nous à libérer la France, vous aurez votre liberté». Ils sont partis par milliers combattre les nazis aux côtés des Français et beaucoup ne revinrent jamais. La fin de la guerre fut le début d’un rêve algérien écrasé par une répression sanglante.

A l’occasion du 1er mai 1945 le Parti du Peuple Algérien décide d’organiser des manifestations patriotiques afin de sensibiliser les masses, démontrer l’appui populaire et créer la pression et les conditions nécessaires devant aboutir à la satisfaction des revendications nationalistes. Les manifestations devaient avoir lieu dans les principales villes Alger, Oran, Sétif, Tlemcen, Constantine, Guelma, etc. Les slogans étaient « Algérie indépendante » ou « Libérez Messali ». Banderoles portées par une foule dense qui clame: "Algérie indépendante". La police tire en l’air puis sur la foule. Morts et blessés. Arrestations et tortures.

Le rêve est fou mais tous y croient. L’agitation continue les 3, 4 et 7 mai un peu partout. Des manifestations pacifiques sont prévues pour le 8 mai. A Sétif, très tôt le matin « un rassemblement d’indigènes » est signalé par la police qui s’était préparée, comme en témoigne des rapports, à mater la rébellion. Parmi le manifestants, des scouts musulmans, des agriculteurs (c’était jour de marché) des militants du PPA, des khammes (travailleur chez les colons). Les drapeaux portés étaient les drapeaux des Alliés, Français, Anglais, Américain, Russe. Puis le drapeau algérien est déployé brandi par un jeune homme de 22 ans, Bouzid Saal. Les policiers armés demandent que l’on retire le drapeau algérien et devant le refus on tire et Saal Bouzid est le premier martyr tombé à Sétif.

Le rapport de police parle de matraques et de cailloux utilisés par les manifestants justifiant les tirs sur les manifestants. Morts et blessés. Les manifestants fuient et la riposte de ces hommes en colère ne se fait pas attendre. Des européens sont tués. La violence appelle la violence. La police et la gendarmerie interviennent et les armes parlent encore le langage de la mort. Le couvre feu est instauré. La nouvelle des émeutes se répand et les paysans en colère s’en prennent encore aux colons. L’insurrection s’étend à Kherrata, Jijel, Annaba, Constantine, Collo, Guelma et d’autres villes du pays. Manifestations populaires revendiquant le droit à la liberté et répression du droit à la liberté. La répression militaire commence son travail de semeuse de mort. Le général Duval commandant la division territoriale de Constantine engage ses troupes, soldats français, légionnaires, sénégalais, Tabors passent à l’action.

On parque les musulmans dans les camps de barbelés, dans les casernes. On torture, on exécute. Les milices font leur « nettoyage » à l’extérieur, bénies par l’armée. Des paysans sont abattus froidement. Par groupes. Des enfants sont tirés comme des lapins.

Et le brassard tricolore remplace l’étoile jaune. Tout musulman non muni du brassard tricolore délivré par les autorités est abattu sans sommation.

La répression militaire a donné lieu à tous les abus, tirs à vue sur tout groupement d’indigènes, assassinats sans interrogatoire de prisonniers tirés le soir de leurs cellules. Les avions bombardent les villages, mitraillent à basse altitude les campagnards fuyant. Le croiseur Dugay-Trouin lance ses obus sur les régions de Guergour, Ziama -Mansouria, Aokas, Kherrata. Les bombardements durèrent plusieurs semaines à Guelma et firent des centaines de morts. L’insurrection s‘étend et est réprimée sauvagement. Les fosses communes sont nombreuses, on y enterre même les animaux avec leurs propriétaires. Dans le « gouffre de la fin du monde » à Kherrata on vidait des camions dans lesquels s’entassaient des cadavres, hommes, femmes, enfants.

Les « incidents » de Sétif, Guelma et Kherrata ont été les précurseurs de la guerre de libération car « l’indigène » avait compris que le colonialisme est toujours l’ennemi de son identité, de son histoire, de ses libertés. Même un siècle après le début de la colonisation, le rejet de l’autre restait puissant et chacun vivait dans l’attente du moment propice pour affronter l’autre. Mais l’affrontement donna à ce moment là la victoire au colonisateur. Et la guerre n’a jamais été pacifique ou propre. La colonisation est toujours une violence qui génère des violences lesquelles finissent par atteindre un point de non retour.

Alors « l’indigène »décide de retrouver son identité et sa dignité au prix de sa vie.

un massacre à Setif un certain 8 mai 1945"

 


 
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 MessagePosté le: Sam 8 Mai - 17:32 (2010)    Sujet du message: le 8 mai 1945 Répondre en citant







 
LE 8 mai 1945, qui signe la fin du nazisme, correspond aussi à l’un des moments les plus sanglants de la répression coloniale. La révolte de Sétif s’inscrit en effet comme une étape décisive du nationalisme algérien. La seconde guerre mondiale a favorisé cette explosion : dans la première phase du conflit, la propagande allemande a encouragé le renforcement des nationalismes au Maghreb et, après le débarquement allié en Algérie en 1942, les forces américaines ont propagé le thème anticolonial. Le combat des Alliés contre des régiments dictatoriaux, auquel participent de plus en plus de Maghrébins, a accentué la comparaison avec l’autoritarisme colonial et mis en lumière la situation de citoyen de seconde zone des musulmans.  
La révolte de Sétif, qui s’étend à Guelma, Bône, Biskra, Batna et Constantine, cristallise ainsi plus d’un siècle de frustrations et d’humiliations. La répression menée alors par le général Duval, engageant l’aviation et la marine, est d’une violence inouïe : en quelques semaines, de 6 000 à 8 000 algériens sont tués, 45 000 selon la mémoire collective algérienne. Le grand écrivain Kateb Yacine se souvient qu’« on voyait des cadavres partout, dans toutes les rues... La répression était aveugle ; c’était un grand massacre. (...) Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes. A Guelma, ma mère a perdu la mémoire... La répression était atroce   ». Dans son plus célèbre roman, Nedjma, le romancier peint la violence de la répression : « Les automitrailleuses, les automitrailleuses, les automitrailleuses, y en a qui tombent et d’autres qui courent parmi les arbres, y a pas de montagne, pas de stratégie, on aurait pu couper les fils téléphoniques, mais ils ont la radio et des armes américaines toutes neuves. Les gendarmes ont sorti leur side-car, je ne vois plus personne autour de moi  . » 
Des milices pieds-noirs participent activement aux opérations, accentuant le fossé entre les communautés. Ainsi, Michel Rouze, rédacteur en chef d’Alger républicain, note dans un rapport que « la loi martiale est proclamée. On distribue les armes aux Européens. Tout Arabe non porteur de brassard est abattu  ». 
Le déchaînement de la répression de mai 1945 dans le Constantinois marque un changement radical de conjoncture pour les nationalistes. L’absence de réformes significatives après 1945 conforte la conviction que le système colonial ne peut s’amender par des voies pacifiques. D’autre part, il devient clair que l’unification de toutes les forces d’un nationalisme alors divisé est nécessaire pour renverser le rapport de force entre celui-ci et la puissance coloniale. Sétif préfigure ainsi la guerre d’Algérie.
 





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 MessagePosté le: Dim 9 Mai - 07:33 (2010)    Sujet du message: le 8 mai 1945 Répondre en citant

Merci TenDREssE pour ce rappel d'histoire

En effet, si je considère que l'Algérie est le seul pays indépendant au vrai sens mot du Maghreb ce n'est que grâce au sang de ses martyrs, paix à leurs âmes, allah yerhamhom

Oui, je lève mon poing avec toi TenDREssE et avec mes frères et sœurs algériens et crie haut et fort :

VIVE L'ALGÉRIE INDÉPENDANTE, LIBRE et DÉMOCRATIQUE

 
 
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 MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:52 (2016)    Sujet du message: le 8 mai 1945

 
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